Et si le ciel était jaune…

Parfois, sur le plateau de Cerdagne, le soir, le soleil aime jouer avec le jaune pour le plus grand plaisir des yeux. S’il existe un endroit où les couchers de soleil frisent la peinture c’est bien ici, mais peut-être aussi, que je les regarde différemment parce que c’est un peu chez moi….

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Route des Grandes Alpes…en sept épisodes

Episode 5 : Col de la Bonette

On prend la M64, entre première et seconde, rarement troisième, afin de glisser entre les courbes de cette route qui, du début à sa fin, nous a totalement transportés par sa beauté, par son côté sauvage.

En sa cime, on hésite entre les montagnes du Pamir, de l’Atlas, ou autres lieux des Andes, une découverte éblouissante en cette période de l’année où la minéralité flirte avec les couleurs des mélèzes et l’aridité des sols. Un peu stressante également tant on se sent vulnérables.

Passé le col, on descend vers un tout autre paysage, plus abrupt. Ce qui frappe également ce sont, à une telle altitude, tous ces ouvrages de la ligne Maginot, cette succession de fortins, de casemates et de bunkers qui surveillent les cimes.

S’il est possible de s’arrêter pour bivouaquer sur des petites surfaces planes sur le versant nord, c’est plus difficile sur le versant sud… Il est préférable alors de descendre vers St-Dalmas-le-Selvage ou au-delà de St-Etienne-de-Tinée sur un petit spot magnifique au bord d’un torrent, où forcement seuls des petits camions et autres mythiques combis VW pourront accéder tant l’emplacement est réduit (merci à Parkfornight).

Mais laissons les photos rendre compte de la beauté des lieux…

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1, épisode 2, épisode 3 et épisode 4 en cliquant sur les liens)

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Route des Grandes Alpes…en sept épisodes

Episode 4 : Col de Vars et Barcelonnette.

On entre maintenant, en passant le col de Vars à 2 108 mètres d’altitude, dans les Alpes de Haute Provence laissant derrière nous les Hautes Alpes. Ouvert en 1890, il est la voie entre la vallée de l’Ubaye, le Queyras et l’Embrunais. Un peu plus bas, au nord, un refuge Napoléon y a été construit en 1855, il avait pour obligation d’être ouvert tout au long de l’année pour accueillir les voyageurs. La route, elle, construite en 1893 par l’armée sur l’initiative du Général Berge, commandant du 14e corps de Lyon, avait une dimension stratégique à ses débuts permettant de relier les différentes garnisons présentes dans les Alpes.

Nous aurons passé tous ces cols juste avant leur fermeture, puisque celui-ci aussi n’est ouvert que de Mai à Octobre. Toujours peu de monde, le plaisir d’un ciel totalement bleu, un vent légèrement frais mais n’empêchant en rien de se préparer à manger sur une table mise à disposition pour des « apprentis nomades ». Le soleil et le vent permettent de faire sécher la tente et les duvets, un petit camion peut parfois faire rêver, mais le confort est tout relatif. Une certaine vision de la Van Life, un mix de camping et le « luxe » du nomadisme dans plus ou moins 5m2.

La route maintenant va nous guider vers la petite ville de Barcelonnette dont l’histoire de sa réussite se doit d’être racontée rapidement ici. Située à 1 135 mètres d’altitude, au coeur de la vallée de l’Ubaye, elle fût fondée en 1231 par Raimond-Bérenger IV de Provence. Entre 1850 et 1930, certains habitants, aventuriers et négociants en textile, émigrent au Mexique pour chercher fortune, comme Alexandre Reynaud, fondateur à Mexico du magasin « Las Fabricas Universales ». A leur retour, ils se font construire des villas de différentes inspirations, un mélange de villas mexicaines, d’Art Déco, éclectisme architectural de cette fin de 19e siècle que l’on peut voir à Barcelonnette, mais aussi à Jausier, commune voisine.

On laisse là cette ville aux 300 jours de soleil par an pour continuer notre périple en direction du plus haut col d’Europe, celui de la Bonette à 2 715 m et ses paysages à couper le souffle… imposants, surprenants qui donnent l’impression d’être ailleurs.

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1, épisode 2 et épisode 3 en cliquant sur les liens)

 

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Hommage aux Anciens…

 

Monuments aux morts ou cénotaphes (monuments mortuaires n’abritant aucun corps).

Erigés par les communes après la guerre en hommage à leurs morts, tantôt sobres, tantôt lyriques, souvent faits avec peu de moyens car la France est alors un pays détruit, ruiné. Les photographies montrent leur diversité, mais elles veulent surtout faire partager l’émotion qui surgit à la lecture des noms gravés sur ces lieux de mémoire.

Bercés par la sonorité des beaux prénoms anciens, on voit apparaître les visages de ces jeunes gens partis défendre leur patrie, les photos de nos arrière-grands-parents, mais très vite ces images nostalgiques font place à l’horreur, à la douleur des familles, aux gueules cassées, aux corps amputés… On pense aux premières pages du roman « Au revoir là-haut » ou au très bel album de Pef, « Zappe la guerre » (Ed. Rue du Monde), et à ces soldats qui sortent de leur monument aux morts, découvrent la télévision… et, qui, à la vue des images des guerres actuelles se demandent le bien-fondé de leur sacrifice.

On se prend à rêver alors que tous les monuments aux morts sont des monuments pacifistes, tel celui du village de Gentioux-Pigerolles dans la Creuse, dont le maire, instituteur, revenu pacifiste de la guerre, avait fait graver au bas des noms : « Maudite soit la guerre »

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La rigole…

Eyne, au-dessus de ce petit village des Pyrénées-Orientales, en remontant vers la vallée, il y a cette petite rigole qui, à flan de montagne détourne et collecte les eaux, épouse et joue avec les contours. Je n’ai jamais compris pourquoi j’avais cette attirance pour ce lieu, elle n’a rien d’exceptionnel, un mélange de zinc ou d’aluminium très très loin de la beauté des constructions en pierre. Pourtant elle est là, un chemin étroit en terre battue qui la longe. L’hiver elle n’est que glace, l’été son flux continu laisse une musique douce aux oreilles comme une caresse.

Peut-être que j’aime y aller, y flâner parce que sans cesse la lumière y change sur ses surfaces réfléchissantes, que la photographie y devient poétique, que les formes obtenues invitent à la suggestion tant optique que pariétale, que l’on frise la question de l’éphémère et du temps et que la photographie prend tout son sens dans ses qualités et ses capacités à introduire d’autres réels. Incorporer, disséminer, laisser l’image raconter d’autres histoires…

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Petites routes pyrénéennes

Ces petites routes des Pyrénées Orientales sur le plateau de Cerdagne …

 

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Route des Grandes Alpes…en sept épisodes

Episode 3 : St VERAN

Commune des hautes Alpes de 290 habitants dans le Parc Naturel Régional du Queyras, le centre du village (église) est situé à 2042 m d’altitude ce qui qualifie Saint-Véran de plus haute commune d’Europe, également la plus haute où l’on mangeait le pain confectionné avec des céréales cultivées dans les champs alentours, « Lou Plus haouts coumunoutas inte se mangeu lou pan de Diou » peut-on lire sur le cadran solaire qui se trouve sur le mur de l’église mais en 1957 des inondations détruisent les canalisations alimentant les moulins entraînant la fin de cette production céréalière d’altitude.  Le four à pain communal, que l’on peut visiter, témoigne de ces temps où à tour de rôle les habitants se relayaient afin de produire leur pain pour les froides périodes d’hivers.

Les cadrans solaires, également, font partie de ces découvertes visuelles, nombreux dans le Queyras, ils ornent certaines façades, lever le nez, regarder, observer suffit à les trouver (400 dans les hautes Alpes et plus de 70 dans le Queyras, pour l’essentiel oeuvres du XIXe par l’italien Giovanni Francesco Zarbula).

Dans la rue principale, il est bon de se perdre dans l’histoire des mines de cuivre qui, en amont du village ont été en activité de la fin du XIXe jusque dans les années 50 et dont certaines traces laissent à penser que déjà les Romains, sous Antonin Le Pieux (138 à 161 après JC) en connaissaient l’existence, une exploitation difficile et une histoire identique aux mines de Bentalliou dans les Pyrénées sur lequel nous avions déjà écrit un petit article et que je vous invite à lire.

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Plaisir intense que de visiter ce village en cette période, les mélèzes aux couleurs dorées, la rougeur des arbousiers, le jaune des feuilles de bouleaux, la chaleur de l’architecture d’altitude, la beauté des toits de lauze et toujours très peu de monde en cette période automnale pour notre plus grand bonheur.

Saint-Véran accroché à ses montagnes, au pays des marmottes et des chamois est une perle à ne pas rater…

Mais il est temps de reprendre la route dans notre petit camion, celle des Combes du Queyras sur la D902, rejoindre le col de Vars pour s’y offrir un déjeuner au soleil, d’embrayer sur le chapitre suivant…et cette avancé vers la Méditerranée.

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1épisode 2 et épisode 4 en cliquant sur les liens)

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