Route des Grandes Alpes…en sept épisodes

Episode 6 : St Etienne de Tinée et les gorges du Cians.

Dormir en bordure de la Tinée fut une réelle surprise, un peu sonore… Le bruit permanent de ce beau torrent peut faire apprécier les Boules Quiès, car il peut devenir terriblement entêtant ! Les images, l’endroit nous conduisent un peu ailleurs, Canada, nord de l’Europe, chacun y trouve un lieu qui puisse lui parler et l’amener dans des rêves d’immensités sauvages. Après cette nuit, nous reprenons notre périple en passant par les gorges de la Vésubie. Si vous y passez, il est bon de faire un crochet et de visiter la Madone d’Utelle dans le village du même nom. Il suffira de bifurquer sur la M 2565 au niveau de St Jean-la-Rivière et de remonter les lacets qui s’éloignent en surplombant la rivière.

Pour nous, il est temps de faire un tour en bord de mer, de se poser quelques jours pour ensuite reprendre la route, avec cette envie de remonter par les lacets du col de la Bonette. Mais en cette fin d’octobre, avec une météo qui se dégrade rapidement, nous redoutons que l’accès  soit fermé…

Par la D2211A en venant de Hyères, il faut tourner à droite en arrivant à Puget-Théniers, puis prendre à gauche pour remonter les Gorges du Cians en direction du Col de la Couillole. Encore une charge émotionnelle dans ces défilés étroits au jeu subtil du rouge de la roche et du vert de la végétation et l’impression d’entrer dans une peinture des carnets de route marocains de Jacques Majorelle.

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1, épisode 2, épisode 3,  épisode 4 et épisode 5 en cliquant sur les liens)

 

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route des Grandes Alpes

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Route des Grandes Alpes

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Un bord de mer…

Juste quelques photos d’un bord de mer où la lumière s’amuse avec les formes et les reflets. Sur la boite de diapositives, il est noté novembre 1997 et tout à coup tout revient, l’endroit, la plage, l’appareil photo avec lequel elles ont été prises, pourquoi j’étais là, tout revient en mémoire et j’adore ces petites découvertes que j’avais oubliées.

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Et si le ciel était jaune…

Parfois, sur le plateau de Cerdagne, le soir, le soleil aime jouer avec le jaune pour le plus grand plaisir des yeux. S’il existe un endroit où les couchers de soleil frisent la peinture c’est bien ici, mais peut-être aussi, que je les regarde différemment parce que c’est un peu chez moi….

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Route des Grandes Alpes…en sept épisodes

Episode 5 : Col de la Bonette

On prend la M64, entre première et seconde, rarement troisième, afin de glisser entre les courbes de cette route qui, du début à sa fin, nous a totalement transportés par sa beauté, par son côté sauvage.

En sa cime, on hésite entre les montagnes du Pamir, de l’Atlas, ou autres lieux des Andes, une découverte éblouissante en cette période de l’année où la minéralité flirte avec les couleurs des mélèzes et l’aridité des sols. Un peu stressante également tant on se sent vulnérables.

Passé le col, on descend vers un tout autre paysage, plus abrupt. Ce qui frappe également ce sont, à une telle altitude, tous ces ouvrages de la ligne Maginot, cette succession de fortins, de casemates et de bunkers qui surveillent les cimes.

S’il est possible de s’arrêter pour bivouaquer sur des petites surfaces planes sur le versant nord, c’est plus difficile sur le versant sud… Il est préférable alors de descendre vers St-Dalmas-le-Selvage ou au-delà de St-Etienne-de-Tinée sur un petit spot magnifique au bord d’un torrent, où forcement seuls des petits camions et autres mythiques combis VW pourront accéder tant l’emplacement est réduit (merci à Parkfornight).

Mais laissons les photos rendre compte de la beauté des lieux…

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1, épisode 2, épisode 3 et épisode 4 en cliquant sur les liens)

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Episode 4 : Col de Vars et Barcelonnette.

On entre maintenant, en passant le col de Vars à 2 108 mètres d’altitude, dans les Alpes de Haute Provence laissant derrière nous les Hautes Alpes. Ouvert en 1890, il est la voie entre la vallée de l’Ubaye, le Queyras et l’Embrunais. Un peu plus bas, au nord, un refuge Napoléon y a été construit en 1855, il avait pour obligation d’être ouvert tout au long de l’année pour accueillir les voyageurs. La route, elle, construite en 1893 par l’armée sur l’initiative du Général Berge, commandant du 14e corps de Lyon, avait une dimension stratégique à ses débuts permettant de relier les différentes garnisons présentes dans les Alpes.

Nous aurons passé tous ces cols juste avant leur fermeture, puisque celui-ci aussi n’est ouvert que de Mai à Octobre. Toujours peu de monde, le plaisir d’un ciel totalement bleu, un vent légèrement frais mais n’empêchant en rien de se préparer à manger sur une table mise à disposition pour des « apprentis nomades ». Le soleil et le vent permettent de faire sécher la tente et les duvets, un petit camion peut parfois faire rêver, mais le confort est tout relatif. Une certaine vision de la Van Life, un mix de camping et le « luxe » du nomadisme dans plus ou moins 5m2.

La route maintenant va nous guider vers la petite ville de Barcelonnette dont l’histoire de sa réussite se doit d’être racontée rapidement ici. Située à 1 135 mètres d’altitude, au coeur de la vallée de l’Ubaye, elle fût fondée en 1231 par Raimond-Bérenger IV de Provence. Entre 1850 et 1930, certains habitants, aventuriers et négociants en textile, émigrent au Mexique pour chercher fortune, comme Alexandre Reynaud, fondateur à Mexico du magasin « Las Fabricas Universales ». A leur retour, ils se font construire des villas de différentes inspirations, un mélange de villas mexicaines, d’Art Déco, éclectisme architectural de cette fin de 19e siècle que l’on peut voir à Barcelonnette, mais aussi à Jausier, commune voisine.

On laisse là cette ville aux 300 jours de soleil par an pour continuer notre périple en direction du plus haut col d’Europe, celui de la Bonette à 2 715 m et ses paysages à couper le souffle… imposants, surprenants qui donnent l’impression d’être ailleurs.

(vous pouvez également retrouver l’épisode 1, épisode 2 et épisode 3 en cliquant sur les liens)

 

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Hommage aux Anciens…

 

Monuments aux morts ou cénotaphes (monuments mortuaires n’abritant aucun corps).

Erigés par les communes après la guerre en hommage à leurs morts, tantôt sobres, tantôt lyriques, souvent faits avec peu de moyens car la France est alors un pays détruit, ruiné. Les photographies montrent leur diversité, mais elles veulent surtout faire partager l’émotion qui surgit à la lecture des noms gravés sur ces lieux de mémoire.

Bercés par la sonorité des beaux prénoms anciens, on voit apparaître les visages de ces jeunes gens partis défendre leur patrie, les photos de nos arrière-grands-parents, mais très vite ces images nostalgiques font place à l’horreur, à la douleur des familles, aux gueules cassées, aux corps amputés… On pense aux premières pages du roman « Au revoir là-haut » ou au très bel album de Pef, « Zappe la guerre » (Ed. Rue du Monde), et à ces soldats qui sortent de leur monument aux morts, découvrent la télévision… et, qui, à la vue des images des guerres actuelles se demandent le bien-fondé de leur sacrifice.

On se prend à rêver alors que tous les monuments aux morts sont des monuments pacifistes, tel celui du village de Gentioux-Pigerolles dans la Creuse, dont le maire, instituteur, revenu pacifiste de la guerre, avait fait graver au bas des noms : « Maudite soit la guerre »

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La rigole…

Eyne, au-dessus de ce petit village des Pyrénées-Orientales, en remontant vers la vallée, il y a cette petite rigole qui, à flan de montagne détourne et collecte les eaux, épouse et joue avec les contours. Je n’ai jamais compris pourquoi j’avais cette attirance pour ce lieu, elle n’a rien d’exceptionnel, un mélange de zinc ou d’aluminium très très loin de la beauté des constructions en pierre. Pourtant elle est là, un chemin étroit en terre battue qui la longe. L’hiver elle n’est que glace, l’été son flux continu laisse une musique douce aux oreilles comme une caresse.

Peut-être que j’aime y aller, y flâner parce que sans cesse la lumière y change sur ses surfaces réfléchissantes, que la photographie y devient poétique, que les formes obtenues invitent à la suggestion tant optique que pariétale, que l’on frise la question de l’éphémère et du temps et que la photographie prend tout son sens dans ses qualités et ses capacités à introduire d’autres réels. Incorporer, disséminer, laisser l’image raconter d’autres histoires…

Photo de la rigole d'Eyne

 

photo de la rigole d'Eyne

Photo de la rigole d'Eyne

 

photo de la rigole d'Eyne

Photo de la rigole d'Eyne

 

Photo de la rigole d'eau d'Eyne

Photo de la rigole d'Eyne

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