Combret…Aveyron

Une rivière, un éperon rocheux, le rouge de la pierre, une montée assez raide pour rejoindre l’église. Là, une dame âgée attend sur un banc de granit la venue du boulanger. Elle nous explique que l’église est fermée du fait du vol des tableaux commis peu de temps après leur restauration. Navrée, elle raconte que même les perles qui ornent les couronnes de certaines tombes disparaissent… mais quand elle évoque son ancien élevage de brebis, puis celui de ses chèvres, ses yeux s’illuminent. Des brebis, elle en avait beaucoup, pour le lait, pour alimenter les caves de Roquefort, des chèvres c’était pour le plaisir, c’est tellement adorable ces petites bêtes, mais voilà, ça mange une chèvre, et ça mange de tout, les écorces, les fleurs, alors les gendarmes débarquent régulièrement suite aux plaintes des voisins. Elle pense qu’ « ils n’avaient qu’à mettre des clôtures ! », qu’il faut s’adapter à la vie d’un village. C’est comme cette dame qui vient de Neuilly et qui n’aime pas le son des cloches qui rythment depuis toujours la vie du village parce qu’elles la réveillent trop tôt. « Bah, elle n’a qu’à retourner à Neuilly », nous dit-elle ! Elle est charmante, bavarde, très bavarde, elle nous fait sourire avec ses histoires de chèvres, de brebis, de voisinage… Je n’ose lui demander de la prendre en photo, mais peu importe, les souvenirs que nous nous construisons au fil de nos rencontres restent. Le fourgon du boulanger arrive, il est temps pour nous de reprendre la route.

Si vous passez un jour dans le coin, sans aucune hésitation, faites cette petite pause.

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Pousthomy…Aveyron

Rejoindre Rodez en empruntant la départementale 33 et les petites routes plus plaisantes que les grands axes routiers réserve de jolies surprises. La route est belle, un petit air d’Ecosse en cette fin d’avril. Nous quittons Lacaune, dans le Tarn, pour l’Aveyron. Au détour d’un virage, les  façades en pierres couleur ocre-safran d’un petit village nous attirent.  Les portes du petit camion se ferment tandis que s’ouvrent les bras d’une petite fille de 2 ans qui vient se jeter dans les bras de Valérie aussi étonnée que charmée. Le grand-père lâche un sourire, moi aussi, mais comment faire autrement devant cette spontanéité enfantine ? Nous aimons les échanges avec le grand-père, l’histoire du village qui ressemble à celle de tant d’autres, les commerces qui ferment, les gens qui s’en vont ailleurs pour trouver du travail, les résidences secondaires et leurs volets fermés.

Un couple promenant son chien se joint à notre discussion, nous n’avons toujours pas bougé de cette place devant le cimetière à la sortie du village : le choix d’une autre vie pour eux, le plaisir de cette nature environnante et très sauvage, lui un ex-parisien désirant autre chose, elle, hollandaise et éprise du lieu. Pousthomy, nom assez surprenant, sa signification en occitan lui donne peut-être un sens, aux volets  fermés, aux vieilles pierres, aux  façades qui s’ornent de dates anciennes, 18e siècle pour certaines, aux ruelles pleines de surprises… décidément ce village est très beau. Nos 3 interlocuteurs nous invitent à aller découvrir Combret, un autre village posé sur un éperon rocheux sur le bord de la rivière Le Rance… A ce rythme-là, nous commençons à nous demander si nous allons arriver à temps pour visiter le musée Soulages…

Pousthomy

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Collection Courtauld…

« La Collection Courtauld, le parti de l’impressionnisme » en ce moment à la fondation Louis Vuitton, si vous avez un peu de temps, l’envie, le désir, l’exposition est magnifique, surtout cette petite aquarelle de Turner dont forcement j’ai oublié le nom mais d’une dominante rouge où l’on retrouve cette lumière propre au maître. Et comme dans une grande fête où les artistes se retrouveraient, la présence de Manet, Seurat, Cezanne, Gauguin, Van Gogh etc…

Dans la deuxième partie du musée, à voir, la collection de la fondation avec entre autre  les oeuvres de Gerhard Richter dont le travail sur la photographie comme support transporte ailleurs dans un monde lumineux et émouvant. Joan Mitchell, Pierre Soulages, Daniel Buren, Soto et bien d’autre font aussi partie du paysage.

Pour la petite histoire, Samuel Courtauld (1876-1947) fut l’un des plus grands mécènes du XXe siècle et sa collection rassemble un ensemble exceptionnel d’oeuvres impressionnistes et post-impressionnistes.

Bonne visite à vous.

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Llívia…une enclave espagnole

Petite ville espagnole enclavée en territoire français sur le plateau de Cerdagne, une petite ville où l’on passe parfois juste pour faire le plein d’essence, acheter de l’alcool ou des clopes, mais Llívia c’est autre chose, c’est une halte pour Héraclès d’après la mythologie grecque, un lieu de refuge au néolithique vers 3 000 av J-C, une ville pour les Romains après la deuxième guerre punique vers 200 avant J-C. En 116 la population se tape dessus, la ville est détruite et il va falloir attendre l’an 130 pour qu’Adrien décide de la reconstruire. Le temps coule doucement… Au VIIIe siècle la région est conquise par les Musulmans et la ville s’appelle Medinet-el-bab. En 759, Pépin-le-Bref les remercie et prend possession de la ville. Bon, n’étant pas historien, je vais faire un rapide passage sur toute la période, il est juste bon de noter que le 26 mai 1866, afin de clarifier le traité des Pyrénées signé en 1659, les Français et les Espagnols signent le traité de Bayonne donnant définitivement l’enclave de Llívia à l’Espagne.

Au fil de la promenade, les dates des bâtiments me surprennent à chaque fois, me touchent, il y a comme une poésie sur ces demeures témoins des troubles de la Révolution française, de la guerre, de la montée du franquisme puis de l’ouverture à l’Europe.

Comme toujours les façades ont ma préférence, je vais pouvoir, vu le nombre de photographies, tenter une exposition, un livre, un musée… j’aime vraiment ces murs qui ne laissent entrevoir notre modernité que par quelques détails qu’ils nous faut chercher.

detail de façades anciennes

Detail de facades Llivia sur le plateau de Cerdagne

Detail de l'glise de Llivia plateau de Cerdagne

photographie de l'église de Llivia plateau de Cerdagne

Musée Bourdelle…

Je n’y étais jamais allé, je ne connaissais même pas son existence et la découverte n’en fut que plus agréable, ses sculptures, cette justesse dans les formes, cette force, cette douleur figée que j’ai ressenti dans chaque oeuvre, un plaisir intense pour les yeux, et si, comme moi, vous ne le connaissez pas encore il est grand temps d’y aller faire un tour, le bâtiment est beau, le jardin également.

Le musée Bourdelle est situé au no 18 de la rue Antoine Bourdelle dans le 15e arrondissement de Paris. Il est installé dans les appartements, ateliers et jardins où Antoine Bourdelle vécut et travailla dès 1885 à l’adresse de l’époque, no 16 impasse du Maine.

Le lieu fut transformé en musée en 1949. Une première extension fut réalisée par l’architecte Henri Gautruche en 1961, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Antoine Bourdelle. Une seconde extension a été réalisée en 1992 et confiée à l’architecte Christian de Portzamparc.

Il s’agit d’un des 14 musées de la Ville de Paris gérés depuis le 1er janvier 2013 par l’établissement public administratif Paris Musées.

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Puces de Vanves…

Porte de Vanves, sur les trottoirs les restes du marché aux Puces laissent des papiers s’accrochant sur le bitume comme des petits messages…cartes postales anciennes, romans photos, lettres d’amour où papiers gras, couvertures de livres jouant avec la noirceur de la chaussée et les couleurs vives des bandes réfléchissantes. La saleté, comme des petits tableaux, invite aux regards avant le passage des véhicules de nettoyage urbain.

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le petit caillou qui voulait voir la mer…

C’est juste l’histoire d’un petit caillou qui avait envie de voir autre chose, de découvrir la vie, de voyager, de bouger. Juste un petit caillou qui désirait changer de vie, changer sa vie, sortir de cette monotonie en espérant trouver de l’intensité, de la beauté, de la vérité dans ce qu’il faisait…juste l’histoire d’un petit caillou qui avait envie de voir la mer. Il lui fallu attendre le gel, les orages, la pluie, la douce lenteur d’un glacier l’emportant vers un torrent, une rivière, un fleuve et un déclic, le chemin fût long, plein de découvertes et d’étonnements et comme beaucoup d’autres petits cailloux il rêvait d’une place au soleil, de sens, de la douce caresse d’une brise, le goût salé de l’eau, le bruit du ressac et des mouettes, le jeu des couleurs sur une fin de journée…Parfois il est là, parfois il se cache et change de place roulé par les flots.

Saurez-vous le trouver et le reconnaître ?

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